Lien vers ce message 21 Janvier 2008, 14:05
Titre: Black Lagoon

Auteur: Rei Hiroe, né un 5 décembre, elle fut dès son plus jeune âge passionné par les jeux de stratégie et tout ce qui avait trait à l'armée.
Son perfectionnisme ralentit sa production mais donne à son oeuvre un cachet particulier.
Le premier album de "Black Lagoon" fut le succès surprise dans le domaine des seinen au Japon en 2001.
Parmi les autres oeuvres de Rei Hiroe, on peut trouver "Shook up !", "Phantom Bullet" et "Dengeki Gun Parade March".


5 volumes déjà parus

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Histoire: Rokurô Okajima est un jeune diplômé travaillant comme employé de bureau dans une grande entreprise nippone. Menant une vie paisible et sans histoire, il va voir son existence bouleversée lorsque le bateau dans lequel il se trouve est attaqué par une bande de pirates des mers. Leur cible : un disque que Rokurô est censé livrer pour son employeur. Emmené de force sur le Black Lagoon, le vieux torpilleur des pirates, Rokûro apprend rapidement que son employeur désire plus récupérer le disque que sa personne. Abandonnant sa vie monotone de "salary man", il devient Rock, le nouveau membre du Black Lagoon. Avec l'aide de Dutch, Levi et Benny, il va se retrouver propulsé dans un monde d'aventures dont il ne soupçonnait pas l'existence...


Découpé en petites histoires indépendantes de plusieurs épisodes, Black Lagoon ne suit aucun véritable fil rouge (hormis peut être l'intégration de Rock au sein de l'équipage). Le manga prend place à Roanapura, la cité du vice des mers d'Asie du Sud-Est (en Thaïlande exactement). Un lieu de perdition, dominé par les groupes mafieux, rappelant fortement la ville de Gungrave.

Les séquences d'action renvoient aussi à Gungrave et donc au cinéma de John Woo (Chan, un des parrains mafieux, est un clone du Chow Yun-Fat du Syndicat du crime). Levi, la flingueuse de la bande est surnommée "Two Hands" pour les deux pistolets qu'elle utilise au combat. Les gunfights sont le plus souvent opératiques, spectaculaires et au final diablement jouissif. On a d'ailleurs encore droit à une balle coupée en deux par un sabre (rappelez-vous de Bear Walken dans Gungrave). Mais la comparaison avec Gungrave s'arrête ici. Black Lagoon n'est pas une saga mafieuse aux consonances lyriques mais plus un divertissement primaire très second degré. Les punchlines sont légions ("Tu veux que je te montre comment fumer par le front") et rappellent fortement un certain cinéma d'action américain des années 80 (d’ailleurs Levi semble fan de ce cinéma). Ainsi, nos héros croisent un panel de personnages délurés comme ces nonnes trafiquantes d'armes (dont la mère supérieure arbore un bandeau à la "Snake Plissken") ou cette servante indestructible aussi balèze que le T-1000 de Terminator 2.
Avec sa "fuck you attitude", Levi ridiculise Lara Croft à plate couture (difficile de ne pas y penser...). Si le personnage en lui-même est finalement assez stéréotypé (Jo de Burst Angel était totalement identique sauf au niveau du tour de poitrine !), il est difficile de ne pas apprécier le jeu très inspiré de Megumi Toyoguchi (Winry dans Fullmetal Alchemist dans une registre très éloigné). Rock, quant à lui, est en quelque sorte le point de vue du lecteur. Même s'il évolue au cours de l'histoire, il reste droit et s'implique rarement dans les affrontements (normal, vous me direz). Plutôt inutile, Rock fait la morale à longueur de temps (en particulier à Levi à cause de ses penchants meurtriers) et s'avère finalement énervant (car politiquement correct). Quant à Dutch et Benny, ils jouent parfaitement leur rôle respectif de boss et d'expert en informatique même si par la suite ils se cantonnent uniquement à de la figuration. En revanche, la suite mets plus en avant - à juste titre - le personnage de Balalaika, ex-militaire défigurée et actuelle patronne de la mafia russe.
La qualité des différents segments est loin d'être constante. Si le remake avoué de Assaut de John Carpenter est un monument d'action débridée (Levi doit se battre contre un pyromane, une tarée notoire fan de Leatherface et d'autres psychopathes attirés par l'appât du gain), les autres histoires sont loin d'être irréprochables. Celle avec les néo-nazis tournent rapidement à la gaudriole (malgré quelques bonnes répliques : "Salue le Führer de ma part"). Le segment avec le gamin kidnappé est peu passionnant (hormis la course-poursuite avec la servante). De même, la toute dernière histoire (clôturant le 5ème volume du manga) manque singulièrement de rythme malgré quelques fulgurances (l'attaque du bowling et le combat final) et une localisation des voix appréciable (Levi parle anglais et Rock fait office de traducteur). Inversement, l’histoire tournant autour des deux gamins serial killer (avec une belle référence à Monster) mérite à elle seule la vision du manga. On en arrive même à avoir pitié d’eux, malgré toutes les horreurs qu’ils ont commises. C’est très déstabilisant.
Au final, Black Lagoon : la bonne humeur communicative du quatuor de héros, les scènes d’actions explosives, la violence graphique omniprésente (pas d’édulcoration, ouf, cela devient pourtant une sale habitude dans les séries actuelles), la qualité irréprochable du scénario et des traits précis de la mine de Rei, nous rappelle rapidement que nous sommes devant un titre bien au-dessus de la moyenne. Light up the fire, right on the power !


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